Cloud Gaming au Canada:
Le CRTC ajoute du brouillard

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Posted by Pascal | Posted in Marketing | Posted on 15-02-2011

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Depuis les dernières années, beaucoup d’innovations technologiques font leur apparition et modifient drastiquement la façon dont nous jouons à des jeux vidéo.

Le concept du jeu vidéo a énormément progressé depuis Pong, Asteroids et Pac Man. On a qu’à penser au réseau locaux, les fameux “lan party”, qui nous a permis de jouer à plusieurs au même jeu entre amis ou, plus récemment, les nouvelles manettes et caméras à détection de mouvements.

La prochaine révolution à faire sa place dans le monde du jeu vidéo est le jeu à la demande. Aussi appelée cloud gaming, ou « jeu dans les nuages », cette technologie permet de jouer à des jeux vidéo dans un environnement dématérialisé. Les jeux sont ainsi exécutés sur des machines à distance qui renvoient l’image du jeu en streaming sur vos écrans de télévision ou d’ordinateur.


Le principal avantage est qu’on s’affranchit de toutes les limitations technologiques imposées par un ordinateur ou une console de jeu. Ce qui veut dire que pour les 30 prochaines années, vous pourriez apprécier les tous derniers jeux vidéo sans nécessairement avoir à moderniser vos équipements. Toutefois, ce service requiert une connexion internet haute vitesse performante pour assurer une bonne transmission du flux vidéo et audio au joueur.

Lancé l’été dernier aux États-Unis, le système de jeu à la demande OnLive est un des pionniers dans ce type de services et représente une menace certaine pour les consoles de jeu vidéo classiques. Cette plateforme, lancée après plus de huit ans de développement, est très prometteuse : disponible pour Mac et PC, mais aussi pour votre téléviseur munis d’une connexion à internet, elle permet de jouer à des jeux vedettes provenant de plus de 20 éditeurs réputés, dont Ubisoft.

Le service a même été tout récemment intégré à la gamme de produits de la marque Vizio, vous permettant à jouer à des jeux en haute définition à même votre téléviseur, votre lecteur Blu-Ray, votre tablette ou votre téléphone intelligent, pour autant qu’ils soient connectés à internet. Pour l’instant seulement disponible aux Etats-Unis, la plateforme OnLive pourrait faire son apparition au Canada durant l’année 2011. Toutefois, deux limitations se présentent et viennent porter ombrage à la pérennité du cloud gaming au Canada.

D’une part, la connexion internet. Pour avoir un flux vidéo optimal en haute définition, la connexion internet devra être en mesure de gérer un débit constant d’au moins 5 mbps, vitesse qui n’est pas offerte dans les forfaits de base des fournisseurs internet au Québec. Il faudra donc débourser davantage si on voudra profiter du jeu vidéo « dans les nuages ». D’autre part, la bande passante. Le Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes (CRTC) a récemment laissé tomber une tuile en prévoyant imposer la facturation à l’utilisation pour tous les services internet. En effet, en réponse à la demande grandissante de la bande passante, Bell Canada a fait la demande au CRTC d’obliger tous les fournisseurs d’accès internet au Canada de cesser d’offrir des forfaits avec bande passante illimité.

Ainsi, l’échange volumineux de données requis par le cloud gaming devient immédiatement une préoccupation pour le joueur si une limite dans la bande passante lui est imposée. Cette décision, qui pour l’instant a été reportée, freinerait beaucoup le développement et l’implantation de cette technologie au pays puisque ses utilisateurs se soumettraient à des frais supplémentaires en dépassant leur limite mensuelle de transfert.

Ce principe de payeur-utilisateur est bien légitime, si on se base sur le fait que les utilisateurs « ordinaires » ne devraient pas payer pour les grands consommateurs d’Internet, mais ce genre de décision vient couper l’herbe sous le pied aux innovations et à l’implantation de nouvelles technologies comme le cloud computing et le cloud gaming, tout cela en faveur d’une poignée de grandes compagnies de télécommunications qui font déjà des profits à la pelle.

Malgré ses limitations, on peut donc raisonnablement penser que le cloud gaming fera son apparition bientôt dans nos salons québécois, mais à quel prix pour l’utilisateur? Espérons que nos organismes réglementateurs auront une vision plus globale de la problématique et qu’ils prendront des décisions ne mettant pas en péril notre évolution technologique.

À propos de l'auteur


Pascal Fredette est l'amalgame d'un marketeur extraverti et d'un geek solitaire. Leader dans l'âme, il a poussé ses études à la maîtrise en commerce électronique. Junkie de la technologie, le concept du Web 4.0 est pour lui une idéologie bien représentative de notre futur.

Commentaires (3)

[...] This post was mentioned on Twitter by Yasmine Kasbi, SeriousGame.be. SeriousGame.be said: Cloud Gaming au Canada: Le CRTC ajoute du brouillard http://bit.ly/fUGTQa [...]

Les prix sont ridicules au Québec considérant ce qu’on a comme forfaits… Et ils veulent nous charger plus pour la bande passante? J’ai peine à respecter ma limite de 150go par mois et je ne peux streamer adéquatement mes sessions de jeux à cause de la piètre vitesse de bande passante… -_-
#àDeuxDoigtsdeDéménagerEnCorée.

Tellement d’accord! Que ce soit au niveau de la bande passante standard ou du 3G pour les cellulaires, ça coûte incroyablement plus cher que dans d’autres pays industrialisés et en plus, le service est de moins bonne qualité.

J’ai bien hâte que quelqu’un réveille le CRTC avant qu’on devienne un pays complètement dépassé par les technologies et que les entreprises quittent pour trouver de meilleures conditions “technologiques” ailleurs dans le monde…

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